¡Viva México! ¡Viva Juárez!
¡Viva el 5 de mayo!
… l'UMP ressemble désormais
à une armée mexicaine, sans véritable chef. Tout ce beau monde va se marcher
sur les pieds. (2)
Christian Estrosi
5 mai 1862, l’armée française marche vers Mexico. Sur son chemin se
dressent la ville de Puebla… et le général Zaragoza. Les troupes de Zaragoza
comptent 4500 hommes, contre 6000 pour l’expédition française, et elles ne
possèdent ni l’équipement ni la discipline de l’armée de Napoléon III. Ce sont
pourtant les guérilleros qui mettront en déroute la puissante armada tricolore.
Près de 500 morts côté français, contre 83 côté mexicain. Le cinco de mayo est jour de fête et de
fierté pour les Mexicains, celle d’avoir vaincu l’Empire français.
A la fin des années 1850, le Mexique vit une lutte acharnée entre
conservateurs et libéraux. Benito Juarez, indien zapotèque et libéral réélu
président de la république en 61, décide que le Mexique a d’autres priorités
que le remboursement de la dette contractée auprès des Anglais, des Espagnols
et des Français. Les 3 nations européennes s’embarquent alors dans une
expédition punitive contre le Mexique. Mais Napoléon III a autre chose en tête
que la dette. Il souhaite prendre possession du Mexique afin d’en faire une
puissance industrielle capable de rivaliser avec les USA, et approvisionner la
France des fabuleuses richesses naturelles du pays. Lorsque l’Angleterre et
l’Espagne découvrent les véritables intentions françaises, elles se retirent.
Malgré la retentissante victoire/défaite (selon le point de vue) de Puebla,
Maximilien de Habsbourg, marionnette de Napoléon III, se fera nommer Empereur
du Mexique en juin 1864. Bien que les conservateurs assurent les Français du
bon accueil du peuple mexicain, l’Empereur aura, durant son règne, toutes les
peines du monde à faire régner l’ordre dans ce pays vaste comme 4 fois la France.
En ces temps troublés à la fois par l’invasion étrangère et par la lutte
acharnée que se mènent libéraux et conservateurs, les bandits pullulent dans
les villes et les campagnes. Certains volent aux riches pour donner aux
pauvres. D’autres volent aux pauvres pour donner aux riches… ou pour garder
pour eux. Parmi ces derniers figure Juan Chávez, un bandolero d’Aguascalientes. Bâtard né d’un grand propriétaire et
d’une servante, il n’héritera de son père que son physique et ses opinions
conservatrices. Durant l’occupation française, « l’idole des dévotes »,
se mettra au service des troupes étrangères. En avril 1863, il attaque ainsi
Aguascalientes aux cris de « Vive la religion ! ». En juin, un
nouvel assaut est repoussé. En décembre Chávez et l’armée française occupe la
ville. Le bandolero sera même nommé
gouverneur de l’Etat avant d’être démis de ses fonctions fin février 64. Il
retourne alors à sa vie de bandit, accumulant selon la légende un fabuleux
trésor… Il mourra des lances de deux de ses compagnons début 69.
Deux ans plus tôt, Maximilien avait été jugé et fusillé… avec les rêves
américains de Napoléon III.
1 : JDD le 29 mars 2008